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  • 13 juillet 2016

Kékecé ? – La controverse du Gamergate

Kékecé ? – La controverse du Gamergate

Être une femme dans le monde du gaming n’a pas toujours été facile. Certaines ont subi une forme d’acharnement discriminatoire par les créateurs de jeux vidéo, d’autres par les joueurs eux-mêmes.

 

 

Une image pré-construite

En 2016, 48% des joueurs de jeux vidéos seraient des femmes contre 52% pour les hommes. Cela peut paraître étonnant, ce n’est que la suite logique de manière sociale mais aussi économique pour les majors de la création vidéoludique.
Pourtant l’industrie vidéoludique reste dominée par un sentiment de possession masculine.
En effet, un journaliste des plus concernés, “émoustillé par les seins pointus” de Lara Croft, la figure emblématique du jeu Tomb Raider, déclare qu’il trouve génial qu’elle subisse une agression sexuelle dans un des scénarios. C’est ce que l’on appelle le « Gamergate »: une série d’incidents mettant en lumière la difficulté pour cette communauté d’accepter une personne avec deux bosses sur le torse et une absence de tuyau urinaire.

 

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Le symbole du Gamergate avec ces deux couleurs

 

Deux affaires illustrent ces propos :

Mai 2012, Anita Sarkeesian est une blogueuse féministe lorsqu’elle devient la cible de nombreuses menaces très violentes et agressions verbales suite à son projet d’une série de vidéos critiques sur certains personnages sexistes dans l’univers du jeu, ou encore à cause de sa campagne de “crowdfunding” qui fut alors rapidement interrompue.

Zoé Quinn subit en août 2014, elle aussi, énormément de propos et d’insultes déplacées allant jusqu’à sa protection par des services de police. La cause ? Cette dernière est une développeuse de jeu, un métier des plus hostiles apparemment car elle reçoit chaque jour plus d’une centaine de messages négatifs, voir même des menaces de mort. Les raisons ? Une simple histoire d’amour. Celle-ci ayant mal fini, son ex-amour décide de publier sur son blog l’histoire de cette relation, dans les moindres détails. N’étant pas gâtée par la nature en chance, Zoé était en pleine promotion de son nouveau jeu vidéo. Les internautes, dans un élan de solidarité par le principe de la testostérone, l’accusèrent d’avoir couché avec cet homme pour la promotion de son jeu. Suite à cela, elle devient la cible de nombreux joueurs.

Heureusement, elles ne subissent pas toutes ce genre de polémique. Certaines comme Sandra Mauri, une Live Game Manager d’Ubisoft, ou encore Saïda Mirzoeva, l’Assistant Producer chez Eugen Systems, témoignent n’avoir jamais vécu de sexisme dans leur environnement professionnel et être au mieux dans leurs structures. Cependant, sûrement à cause de l’esprit de ce milieu, elle ressentent le besoin de se surpasser pour ne pas “être jugées” comme étant inférieures.

 

 

 

T’es qui dans l’e-sport ?

Depuis la création du sport électronique, les femmes sont mises à mal ou simplement de côté car elle seraient moins capables. Loin de chercher une possible explication scientifique (?), revenons à l’origine du problème : d’où vient cette image ?
Les fautifs sont, en partie, les structures qui préfèrent engager une fille au physique avantageux plutôt qu’une vraie joueuse avec des compétences liées aux jeux vidéos. Mais il y a aussi les organisateurs de showmatchs qui utilisent des Babes  qui sont des “stripteaseuses édulcorées”, elles sont appelées pour des événements tels que l’E3, la Gamescom, la Paris Games Week, et doivent alors arpenter ces salons dans des costumes comme celui de Catwoman ou encore Lara Croft pour attirer l’œil de la populace masculine présente. Certains dénonce une utilisation de ces Babes comme trop abusive, d’autres ferment les yeux (ou se les rincent).
Encore autre chose, il y a les “Attention Whores” qui jouent de leurs atouts pour attirer les hommes sur des streams ou vidéos en utilisant des plateformes telles que Twitch et YouTube. Elles se donnent une image de profiteuses en récoltant les dons des spectateurs et ont souvent tendance maintenant à mettre toutes les filles dans cette catégorie et cela peut vraiment nuire à certaines. Seulement, peut-on leur en vouloir ? Plutôt que de les insulter en live, il suffit de regarder le magnifique nombre de viewers et réfléchir aux vrais coupables.

A un tout autre niveau, des femmes arrivent à se frayer un petit chemin dans les compétitions e-sportives et commencent à faire parler de leurs équipes en prouvant qu’elles méritent leurs places. Certaines structures comme Riot ou encore Blizzard ne font aucune distinction et organisent des matchs compétitifs mixtes, malheureusement quand on parle de joueurs professionnels on pense tout de suite à un nom masculin plutôt qu’un nom féminin, mais ce n’est plus qu’une question de temps avant de connaître les joueuses professionnelles et de les prendre comme référence. Ou alors, le destin du compétitif féminin suivra son homologue sportif.

 

On pourrait aussi vous parler du Social Gaming (mais si vous savez, Candy Crush et tout ça !) mais dire que le marché est dominé à 69% de femmes ne servirait qu’à être un argument lors d’un débat sur le temps passé sur votre PC. A la place, je vous laisse cliquer ici pour découvrir des sketchs humoristiques sur cette fameuse controverse du Gamergate.

Au final, la légitimité homme et femme reste encore à discuter car pour certaines personnes il est normal que la femme soit à la même hauteur que l’homme alors que pour d’autres non.
Ce sujet fait la preuve de nombreux débats interminables sur les forums et réseaux sociaux et donne naissance à des articles comme celui que vous venez de lire. En verra-t-on un jour la fin ?

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D’ici-là, amusez-vous bien et n’oubliez pas de jouer support un peu !

Une petite mention pour dire que cet article a été entamé par Marliaa dont je remercie le travail.

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